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jesu, ma joie
absolu musical, autorité intemporelle
Pour chœur de chambre et violoncelle — 14 - 20 interprètes
Durée : ~1h15.
— Jean-Sébastien Bach, Prélude de la suite pour violoncelle n°2 BWV 1008. 4’
— Jean-Sébastien Bach, Motet BWV 230 « Lobet den Herrn ». 7’
— Arvo Pärt, The Deer’s Cry. 4’
— Kaija Saariaho, Spins & Spells. 6’ (pour violoncelle seul)
— Georges Aperghis, Cinq Calme-Plats. 12’ (pour voix seules)
— Einojuhani Rautavaara, Ludus Verbalis. 4’
— Lucas Sonzogni, La Pesanteur de l'encre. 11’
— Jean-Sébastien Bach, Motet BWV 227 « Jesu, meine Freude ». 20'
Ses contemporains voyaient en Bach un maître du contrepoint archaïque, gardien d'un style qui disparaîtrait avec lui. Pourtant, Pierre Boulez posait Bach en référence fondatrice de la modernité. Car l'innovation réside dans le noyau même de son langage : des chromatismes que le XIXème siècle reconnaîtra comme siens, une appétence pour le structurel et le symbolique qui résonnera jusqu'au XXème, et au-delà.
Pärt, Saariaho, Aperghis, Sonzogni : autant de langages qui portent quelque chose de ce noyau. Bach n'est pas ici un point de départ historique. Il est une destination. Un absolu hors du temps. Une joie.
les sauvages
écouter notre regard
Pour Quintet vocal & violoncelle — 5 interprètes
Durée : ~45 mins
— Jean-Philippe Rameau, Les Indes Galantes, « Brillant Soleil ». 3’
— Lucas Sonzogni, Per un Cavalier. 6’ (pour chœur)
— Kaija Saariaho, Spins & Spells. 6’ (pour violoncelle seul)
— Lucas Sonzogni, La Pesanteur de l'encre. 11’ (pour chœur & violoncelle)
— Jean-Philippe Rameau, Les Indes Galantes, « Forêts paisibles » 4’
— Claudio Monteverdi, Lamento d’Arianna. 15’
En 1735, Jean-Philippe Rameau baptise l'une de ses danses les plus célèbres « Les Sauvages » — du nom des danseurs amérindiens qu'il avait vus se produire à Paris, et dont il s'était aussitôt approprié l'image. Le mot dit tout : il nomme l'Autre, le classe, le hiérarchise. L'exotisme des Indes Galantes est celui d'un Occident condescendant qui se contemple dans le miroir d'une altérité. Le ravissement dissimule la domination.
Trois siècles ont passé. Le regard, lui, n'a pas changé. Ariane abandonnée par Thésée sur le rivage de Naxos pleure un abandon qui ressemble à tous les abandons — celui du conquérant qui consume et se détourne. À travers la musique et ses émerveillements, nous adressons ici une pensée profonde à toutes les victimes d'oppressions à qui nous dédions ce programme.